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Circuit des remparts

En sortant de l’office de tourisme, ancien couvent des Ursulines, à droite, suivez l’avenue du Collège jusqu’à la place du Champ de Mars.

L'enceinte médiévale de Saint-Marcellin

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Jusqu’au début du XIXe siècle, Saint-Marcellin est une ville fortifiée, entièrement entourée de remparts, construits au XIVe siècle.

C’est le dernier dauphin du Viennois, Humbert II qui, par sa charte du 4 décembre 1343, ordonne aux Saint-Marcellinois de se doter d’une « muraille munie de fossés » de dix-huit pieds de haut et cinq pieds d’épaisseur. Bâtie dans un appareil de gros galets, vraisemblablement enduite, l’enceinte comprend treize tours carrées en saillie, deux tours rondes à l’endroit où le rempart forme un angle droit et un bastion, à l’angle nord-est de la ville, défendant son côté le plus vulnérable.

Il est possible d’observer de nombreux vestiges de cette enceinte : de grandes sections de courtines, le bastion et sept des treize tours carrées. En suivant l’itinéraire, vous distinguerez nettement l’une d’entre elles (depuis le perron de l’ancienne église des Visitandines) sur laquelle est maintenant aménagée une terrasse.

Tournez à gauche rue du Champ de Mars, vous passez devant le deuxième couvent de la Visitation. Vous arrivez à la Grande Rue où se trouvait la porte de Romans.

La porte de Romans

L’enceinte médiévale est percée de quatre portes, situées aux quatre points cardinaux. Ici se trouvait la porte de Romans, dite au couchant, démolie en 1835, qui marquait l’entrée principale de la ville par la route royale allant de Valence à Grenoble.

La porte de Romans est le témoin d’un épisode sanglant des guerres de Religion. Le 25 juin 1562, le baron des Adrets attaque la ville, dans laquelle Laurent de Maugiron, son adversaire, a laissé trois cents hommes. Le baron, forçant la porte, prend la ville d’assaut et fait alors un véritable carnage.

Tous les combattants sont massacrés et ceux qui se sont réfugiés au sommet des remparts sont précipités sur les piques des Huguenots en contrebas. Lacombe-Maloc, procureur du roi, est attaché par le cou et traîné par un cheval dans la ville.

A l’intérieur des remparts, à droite de la porte, s’élevait le couvent des Carmes, appuyé à la muraille et, à gauche, le premier monastère des Visitandines, séparé de l’enceinte par un chemin.

A l’angle de la place Déagent et de la place Lacombe-Maloc, se trouvait une des deux tours rondes, démolies en 1951.

Longez le côté gauche de la place Déagent jusqu’à la tour carrée avec ses meurtrières. Au passage, vous avez pu remarquer un balcon du XVIIIe, probablement construit par un père Carmes dans les années 1760, une poterne ouverte par eux à la même époque. Vous arrivez place des Carmes.

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La place des Carmes

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Le dauphin Louis II, futur roi Louis XI, autorise les Carmes, en 1453, à bâtir contre la muraille « à condition toutefois d’entretenir le mur d’enceinte en bon état, de n’y percer aucune ouverture préjudiciable à la solidité et d’y établir un passage, un chemin de ronde abrité, avec créneaux et autres ouvrages de défense par où les habitants pourraient facilement circuler pour la garde de la ville ».

L’enceinte médiévale pâtit de l’élargissement de la voirie par la création de nouvelles rues. Le rempart est percé pour créer une rue à l’emplacement de la nef et du chœur de l’église des Carmes. Remarquez également, à gauche, la tour carrée avec deux meurtrières en tuf. Auprès de la tour, une porte (poterne) est ouverte par les Carmes au XVIIIe siècle, les murailles n’ayant alors plus de rôle défensif.

Prenez rue des Remparts, place Jean Sorrel (écrivain local), façade de maison de la fin du XVIe début XVIIe avec une ancienne fenêtre à meneaux, porte avec imposte d’époque.

La rue des Remparts

Vous suivez à présent la rue des Remparts qui longe la plus grande section droite de la muraille. Contre celle-ci s’établissent, au cours du XIXe siècle, côté extérieur, de nombreuses maisons d’habitation.

Sur cette partie, le rempart, caché sous les enduits, est conservé de manière inégale, mais une autre tour carrée subsiste, intégrée dans les bâtiments.

Cette rue sert d’accès à toutes les parties communes des maisons bourgeoises de la Grande Rue : remises pour véhicules à cheval, écuries, celliers et dépendances.

Vous remarquerez, plus loin, que le rempart a été complètement détruit au niveau du passage du Palais, où se dressait une tour carrée. Il reste néanmoins un petit vestige de rempart, facilement repérable par son appareil caractéristique de gros galets.

Après le panneau à gauche, une belle porte cochère avec chasse roues et découpe du pied-droit du portail, plus loin au fond du parking une ancienne fenêtre à ogive.

Entre le passage du Palais et la porte de Beauvoir, niveau parking de l’Hôtel de l’Abbatiale, une tour (détruite au cours du XXe siècle) fut prise en photo par Paul Berret, écrivain local, en 1901. Au bout de la rue se trouvait la porte de Beauvoir.

Au début de cette rue, un petit square rappelle le souvenir de la chanteuse Barbara qui a trouvé refuge dans notre ville pendant les années 1943-1945.

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La porte de Beauvoir

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Cette porte, dite au vent, est située sur le chemin qui menait au château de Beauvoir, une des résidences principales du dauphin Humbert II. Près de cette porte se trouvait, depuis le milieu du XIVe siècle, l’ancien hôpital, géré par la ville et les Antonins (à l’emplacement du n°9 de la rue de Beauvoir). Au début du XVIIIe siècle, il est transféré hors les murs, face à la porte de Beauvoir, là où est l’hôpital actuel. Pendant plus d’un siècle, jusqu’en 1826, le local situé au-dessus de la porte abrite les archives de la ville.

En février 1833, les riverains se plaignent et demandent que la ville détruise ou abaisse la porte à la hauteur des maisons voisines car « elle prive la rue des bienfaits de l’air et du soleil ». En 1835, leur requête est acceptée.

La section de rempart et sa tour ronde, place Château Bayard, sont démolies au milieu du XIXe siècle.

En suivant une partie de circuit commun, suivez les flèches par la rue du Chapeau Rouge, vous arrivez à la porte de Vinay.

La porte de Vinay

Le passage du Chapeau Rouge, dont le nom provient d’une ancienne auberge, aboutit à l’emplacement de la porte de Vinay, dite au levant.

Elle est le pendant de la porte de Romans, à l’autre extrémité de la Grande Rue, et donne accès à la route royale de Grenoble. A ses pieds débute le faubourg de Vinay, qui s’étend jusqu’à la rivière de la Cumane. De population artisanale et ouvrière, ce faubourg comptait plusieurs moulins, établis dès le XIVe siècle par Jean II, dauphin du Viennois.

Construit au bas de la rue de l’Ancien Faubourg, le pont sur la Cumane a été reconstruit à son emplacement actuel en 1750. Il manque la frontière avec la commune de Saint-Sauveur.

Les escaliers que vous allez emprunter conduisent à la promenade du plateau de Joud et longent les anciens remparts. Sur la gauche, vous découvrirez la partie la mieux conservée de l’enceinte médiévale et une tour carrée.

Avant de monter l’escalier, vous pouvez voir l’impasse de Joud, anciennement rue de la Prison Vieille, car elle menait à une des nombreuses prisons qui se sont succédées à Saint-Marcellin. D’anciennes maisons de la fin du XVIe avec fenêtres à meneaux, portail avec arc de cercle en plein centre orné d’un blason. Au sommet de l’escalier, le bastion.

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Le bastion de Joud

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Vous vous trouvez ici à l’angle nord est de la vieille ville, un des lieux les plus exposés, puisque situé en contrebas du plateau de Joud. Pour cette raison, la ville édifie un élément de fortification plus massif, que l’on dénomme bastion, et qui défend l’angle que forme le rempart en redescendant le long de la Montée du Calvaire.

Le site offre d’intéressants points de vue sur les toits de la ville avec le clocher de l’église paroissiale, de la fin du XVe siècle (classé Monuments Historiques), le viaduc du chemin de fer, la vallée de l’Isère et le massif du Vercors.

Ce site, appelé aussi « Terrasses de Joud », a été restauré par la municipalité en 2006 afin d’offrir un espace culturel et de plein air.

Possibilité d’interconnexion avec le circuit « extra-muros ».

Redescendez par la Montée du Calvaire. Celle-ci longe sur la gauche l’enceinte médiévale que l’on aperçoit au-dessus des toits des maisons adossées tardivement à la muraille, ainsi qu’une autre tour carrée.

Au pied de la Montée du Calvaire se trouvait la porte de Chevrières.

La porte de Chevrières

Dite à la bise, elle se trouvait sur la route menant au village de Chevrières. Elle est démolie en 1835.

Le Savouret, petit ruisseau prenant naissance dans les coteaux, alimentait à l’origine les fossés creusés au pied des murailles. Ses eaux contournaient la ville par l’ouest et se déversaient dans la Cumane en contrebas de la place Château-Bayard. Dans sa charte, le dauphin se réservait le droit de pêche dans les fossés de la ville.

En empruntant la rue du Four, vous longerez à droite une autre section du rempart, avec son appareil de gros galets caractéristique, aujourd’hui percé de multiples ouvertures.

Vous arrivez à la Place Sully, remarquez une belle porte du XVIe avec linteau en accolade ornée d’outils, dite maison des compagnons tailleurs de pierre.

Ensuite, place du Champ de Mars, passez sous le petit porche, entrez dans le square Bouy.

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Le square Bouy

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Vous vous trouvez dans la cour de l’ancien couvent des Ursulines, dont les bâtiments abritent, après la Révolution, le collège de Saint-Marcellin. C’est actuellement le siège de l’hôtel des Impôts et de la Sécurité sociale. Ici s’observe une autre importante section des remparts, et notamment le revers et l’intérieur d’une tour carrée.

On remarque, qu’à l’instar des autres tours de l’enceinte, elle est construite en saillie sur la muraille. De larges ouvertures en bel appareil de tuf remplacent, à l’époque moderne, les anciennes meurtrières. A droite de la tour, est encore visible un vestige du recouvrement de la muraille qui montre l’aspect soigné de la construction.

Fin du circuit, rejoindre l’office de tourisme par l’avenue du Collège.