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Circuit intra-muros

L'ancien couvent des Ursulines

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Le couvent des Ursulines est fondé en 1615 par une Saint-Marcellinoise, Marie Petit la Touche. Les "Dames de Sainte Ursule" se consacrent à l'éducation et à l'instruction chrétienne des jeunes filles généralement assurées jusque-là par des maîtresses protestantes.

Le bâtiment actuel est achevé en 1680 et le clocher, en forme de dôme, date de 1684. On voit encore, dans l'office de tourisme, les vestiges d'une cheminée monumentale et une salle voûtée d'arêtes. Le couvent est séparé de l'église par une ruelle reliant la place d'Armes.

Une nouvelle église, de style baroque, plus vaste et ouverte aux laïcs, est bâtie entre 1744 et 1746, par Giovanni Viotti, entrepreneur et architecte italien. Les religieuses sont chassées à la Révolution, en 1792, et le couvent vendu.

Dans les locaux, en 1806, est ouvert un collège de garçons. La chapelle abrite longtemps deux salles, de théâtre et de concert, avant de laisser la place, en 1906, au nouveau bâtiment de l'hôtel de ville.

L'hôtel de ville

L'hôtel de ville est installé place d'Armes depuis 1803, trois fois déplacé avant qu'il ne soit décidé, en 1906, de démolir l'ancienne mairie pour édifier l'hôtel actuel, plus vaste.
A cette occasion, l'ancienne chapelle des Ursulines est démolie et la rue du Collège élargie. Le bâtiment, terminé en 1910, selon les plans de l'architecte départemental Chatrousse, comprend des halles et une salle des fêtes. Il n'est cependant inauguré qu'en 1913.
La tourelle d'angle de l'hôtel de ville arbore les armes de Saint-Marcellin, siennes depuis 1698. Le langage poétique de l'héraldique (art du blason) les décrit : "champ d'azur à une fasce, et au bas, une rose d'argent". Les dauphins indiquent l'appartenance de la ville au Dauphiné, la fleur de lys rappelle le transport du Dauphiné au royaume de France et le nom de dauphin donné au fils héritier du roi et la rose, symbole de pouvoir, le baillage dont la ville était le chef lieu.

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L'ancienne sous-préfecture

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Saint-Marcellin, chef-lieu de bailliage, devient naturellement sous-préfecture à la Révolution. Le premier sous-préfet est nommé en l'an VIII de la République (1800) et la sous-préfecture est supprimée en 1926.
En 1847, la sous-préfecture de Saint-Marcellin s'installe à cet endroit, partageant durant quelques décennies le rez-de-chaussée avec la mairie. Les appartements du sous-préfet sont situés au premier étage. Cette belle maison du XVIIIe siècle, après le départ de l'administration, a perdu sa porte d'origine mais a préservé ses élégants garde-corps en fer forgé.

En allant vers le kiosque, remarquez sur votre droite les belles portes précédant l'immeuble abritant la Société Lyonnaise de banque.

La place d'Armes, le kiosque à musique

Jouxtant la halle, la place d'Armes a toujours été la place commerçante de la ville. Ici se tiennent les foires et les marchés. Depuis le XIVe siècle, le marché le plus important de la ville a lieu le samedi matin. Sous Henri IV et ses successeurs, la ville a quatre foires annuelles. En 1822, la municipalité ajoute deux foires supplémentaires.
Le kiosque à musique occupe l'emplacement d'un grand bassin alimentant la place centrale de la ville au XVIIIe siècle.
Une photographie de 1909 témoigne de l'existence, à cet endroit, d'un kiosque en bois. C'est en septembre de cette même année que les musiciens de la "Lyre saint-marcellinoise" lancent une souscription pour l'établissement d'un nouveau kiosque. En réalité, c'est la municipalité qui finance la totalité de la construction et le premier concert a lieu le 8 janvier 1911.
Edicule octogonal ouvert, sa toiture est soutenue par huit fines colonnes cylindriques en fonte moulée, surmontées de chapiteaux corinthiens qui portent la signature du fabricant Bernard Escalier, Alès (Gard). L'originalité de ce kiosque vient de la présence, sur son pourtour, d'une série de verres colorés sur lesquels figurent, au milieu d'un décor floral, les noms de trente-deux compositeurs.

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La halle

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Construite vraisemblablement au XIVe siècle, elle occupe alors tout l’espace de la place Jean Vinay, ne laissant qu’un étroit passage. Elle se compose de trois files de poteaux de bois reposant sur un dé de maçonnerie et se termine en charpente recouverte de tuiles creuses. C’est le marché couvert de la ville. Elle est reconstruite en 1768, mais son entretien étant très lourd et l’emplacement gênant, elle est démolie vers 1900.
A l’angle de la rue du Cardinal, une fontaine de style « art déco ». La rue de Bellegarde et la place Colombine vous donnent une idée de l’aspect de l’ancien centre du bourg.
Vous arrivez place Charles de Gaulle, suivez la flèche rouge, remarquez les deux cachots de l’ancienne prison royale, modifiés en l’état par Dausse (architecte) en 1785.
Au bout de la place, à l’angle de la rue Lagrange et de la place Sully, vous voyez une belle porte du XVIe à linteau en accolade ornée d’outils, dite maison des compagnons tailleurs de pierre.
Remontez la rue du Four ainsi nommée car celui-ci y avait été refait à la fin du XVIIIe pour remplacer celui de la place d’Armes, trop vétuste. Elle longe le mur du rempart à gauche jusqu’à l’emplacement de la porte de Chevrières.
Au 1er étage du 18 de la rue Jean Baillet, deux garde-corps originaux en fonte moulée. Suivez la flèche rouge jusqu’au passage du Brusset pour arriver montée du Château.

Le château

On ne sait rien de la construction de cette maison noble dite « le château », caractéristique du bâti dauphinois par ses hautes toitures en tuiles écailles. Elle aurait été achetée par Jean de Gilbert, seigneur de Verdun, en 1605. Sa fille, Françoise, épouse de Henri de Garagnol, vibailli de Saint-Marcellin, en hérite. Sa petite-fille, Anne-Marie de Garagnol, l’apporte à la famille Beaumont par son mariage avec Jacques de Beaumont, devenu vibailli en 1698. Son fils, Melchior-Antoine de Beaumont reprend la charge de son père en 1731.
Le château passe ensuite à Antoine Brenier de Montmorand, puis à la famille Cara de la Bâtie. Monsieur Cara de la Bâtie, ancien sous-préfet de Saint-Marcellin, au milieu du XIXe siècle, y fonde une école tenue par les frères des Ecoles Chrétiennes. Henri du Colombier, son légataire universel, fait donation du château à la ville de Saint-Marcellin.

Puis allez vers l’église.

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L'église paroissiale

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La paroisse de Saint-Marcellin est mentionnée pour la première fois en 1083, lorsque l’archevêque de Vienne en fait don, avec cinq autres paroisses, aux Bénédictins de Montmajour. Au départ de ces derniers, l’église est administrée par les chanoines Antonins jusqu’à la Révolution.

Le 11 mars 1119, l’église est consacrée par le pape Callixte II qui se rend à Saint-Antoine. Elle est en grande partie reconstruite à la fin du XVe siècle. Après les destructions des guerres de Religion, elle reçoit de nouvelles voûtes d’arêtes et deux portes en façade remplacent l’unique portail central gothique. La nef est bordée d’anciennes chapelles latérales. Dans le bas-côté sud, la chapelle Saint Jean-Baptiste date de 1368 ainsi que l’indique la pierre de fondation encore en place. Cette chapelle jouxte deux autres du XVe siècle. L’orgue est installé en 1873 et restauré en 1976. Une importante restauration intérieure du bâtiment est exécutée en 1966. On peut voir, dans le chœur, l’autel et les ornements en fer forgé réalisés, à cette occasion, par Marc Eynard et l’atelier du Cœur Meurtry de l’abbaye de la Pierre qui Vire (Yonne), ainsi qu’un lutrin en marbre polychrome du XVIIe siècle, provenant de l’ancienne chapelle du couvent des Récollets.

Dirigez-vous vers le panneau 8.

Le clocher

Le clocher est protégé au titre des Monuments historiques (28 octobre 1926). Tous les auteurs, bien que reconnaissant l’intérêt et l’origine médiévale de l’église, se sont mépris sur la datation de son clocher, jusque-là estimé du XIXe siècle. Suite à une nouvelle expertise, le clocher s’avère être gothique, de la fin du XVe siècle. Entièrement construit en tuf, il présente deux étages de baies, quatre clochetons encadrant la flèche centrale, reliés par une ligne d’arcature avec arcs trilobés et deux gargouilles, dont une seule est ancienne.

Suivez la flèche rouge, vers la maison curiale (panneau 9).

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La maison curiale

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Construite au nord de l’abside de l’église, en contrebas du château, la maison curiale est, de tout temps, occupée par les chanoines Antonins qui sont chargés d’administrer la paroisse. Ils sont quatre jusqu’au XVIIe siècle, puis huit ensuite. L’abbé de Saint-Antoine en est le prieur.

Pillée et ruinée en 1562 par les troupes du Baron des Adrets, elle est agrandie et reconstruite complètement. Elle conserve de beaux plafonds « à la française ». De 1792 à 1803, la maison curiale devient la « Maison Commune » de Saint-Marcellin, accueillant les séances du conseil municipal.

Faites le tour de l’église, au n°5 de la rue St-François de Salle, vous trouvez à gauche une porte avec linteau en accolade, et à droite une fenêtre gothique d’une chapelle de l’église.

Arrivée sur le parvis à droite, panneau 10.

La Place de l’Église

Située au carrefour des quatre voies principales, la place de l’Eglise est, sous l’Ancien Régime, au cœur de la vie politique, administrative et religieuse de la cité. Face à l’église paroissiale, s’élève toujours l’ancien siège du bailliage (a). Au n°1 de la place de l’Eglise, la plus ancienne maison de la ville, remaniée au XVIe siècle, avec fenêtres à meneaux, arbore encore ses imposants contreforts en tuf (b). Au n°2 de la rue de Beauvoir, une maison, construite au début du XVIIe siècle, dont les façades ont été remaniées, recèle une haute tour rectangulaire (c). Cette construction dite « tour du guet », le plus haut bâtiment civil de la ville, est visible depuis le parvis de l’église, ainsi que le dôme du couvent des Ursulines (d).

Devant l’église, un grand réservoir d’eau servait aux besoins des habitants mais aussi de bassin, où étaient conservés les poissons qu’un adjudicateur vendait aux bourgeois pendant le carême.

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La maison du bailliage

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A cet emplacement siège, de 1337 à 1340, le conseil delphinal, créé par Humbert II, dernier dauphin du Viennois. Transféré par la suite à Grenoble, il devient, en 1453, le parlement du Dauphiné. En 1343, Saint-Marcellin est le siège de la grande cour et judicature du Viennois et Valentinois et de plusieurs appellations. Du XVe siècle à la Révolution, la ville demeure, avec Grenoble et Vienne, le siège d’un des trois bailliages du Viennois.

La juridiction du bailliage est très étendue, allant d’Anneyron jusqu’à Tain, de Moirans à Chatuzange et, au XVIIIe siècle, emploie jusqu’à cinquante-huit personnes.

La maison actuelle, reconstruite au début du XVIIe siècle, abrite l’administration du bailliage et, au premier étage, la grande salle d’audience où siège le vibailli. Elle conserve aussi les vestiges des anciens cachots, situés à l’arrière du bâtiment. Elle est le siège du tribunal jusqu’à la construction du palais de justice actuel.

En face de la maison du bailliage, au 1er étage, une fenêtre à meneaux du XVIe siècle, au bas des marches du parvis de l’église, une fontaine en service.

La Grande Rue

La Grande Rue est, de tout temps, l’axe principal de la ville, reliant la porte de Vinay à la porte de Romans, sur l’itinéraire de la route royale de Grenoble à Valence. La réfection de sa chaussée dépend uniquement de la couronne royale. Elle regroupe le plus grand nombre de maisons de nobles, bourgeois et riches marchands. Par cette rue transite le trafic routier de la route nationale 92, jusqu’en 1989, date à laquelle cette artère devient piétonne.

A droite, façade du café Fanjas, deux arcades anciennes d’échoppes, un vestige d’un arc de pierre d’origine. Tout au long de la Grande Rue, d’intéressantes façades, portes, fenêtres, balcons avec fers forgés aux étages.

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La Voûte

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Le Passage du Palais, appelé « la Voûte » par les Saint-Marcellinois, est une sorte de traboule, passage couvert, privé à l’origine, ouvert en 1898. La fontaine est créée par la ville en 1992 pour agrémenter cet espace piétonnier.

Découvrez quelques maisons de la Grande Rue :

Au n°30, l’unique maison en encorbellement de la ville, avec sa façade soutenue par deux corbeaux.

Aux n°31 et 47, les façades de ces deux maisons présentent des vestiges de fenêtres à meneaux moulurés, mis au jour lors de ravalement. Malheureusement, aucune façade du XVIe siècle n’est intégralement conservée.

Au n°40, belle maison de maître de la fin du XVIIIe siècle. Antoine-Lambert Robin du Vernay, maire de la ville sous la Restauration, à qui l’on doit la promenade de Joud, en a été le propriétaire.

Au n°57, maison du XVIIIe siècle présentant un motif de guirlande sur le linteau.

Continuez jusqu’à la place des Carmes.

L'ancien couvent des Carmes

Plus ancien couvent implanté à Saint-Marcellin, le couvent des Grands Carmes est fondé en 1453, à cet endroit, par lettre patente du dauphin Louis II (futur roi Louis XI), par laquelle il permet aux pères d’appuyer leurs constructions directement sur les remparts de la ville, jusqu’à la porte de Romans.

En 1642, un collège de garçons est créé dans une partie de leur couvent. Les Carmes y enseignent jusqu’en 1792.

Le couvent abrite alors le siège et le tribunal du district (première sous-préfecture). Vendus à des particuliers, la nef et le chœur de l’église sont démolis.

La place des Carmes en occupe aujourd’hui l’emplacement. Les arcs des anciennes chapelles latérales de l’église subsistent encore. A l’extrémité de la place, on observe d’autres importants vestiges de l’église, permettant d’imaginer l’ampleur et la qualité de la construction : culs de lampe sculptés, arcades et fenêtres à remplages gothiques.

En face, le premier monastère de la Visitation.

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Le premier monastère de la Visitation

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Ici se trouvait le premier monastère de la Visitation à Saint-Marcellin, fondé en 1645 par cinq religieuses du monastère de Romans, à la demande des habitants de la ville. Les sœurs s’établissent dans une maison que leur a vendue Henri de Garagnol, vibailli.

Les Visitandines sont chassées par la Révolution et les bâtiments, qui servent un certain temps de prison, sont vendus à des particuliers.

Le bâtiment, au fond de la cour, est la grande aile construite en 1775. On voit encore au fond, à droite, le grand escalier et un cartouche, au-dessus de l’ancienne porte du réfectoire, portant la sentence « Une bonne conscience est un festin perpétuel ».

Le monastère occupait tout l’espace entre la rue Garagnol et les remparts. Le nom de la cour « Sainte-Marie » en rappelle l’existence.

Au début du boulevard du Champ de Mars, le deuxième monastère.

Le second monastère de la Visitation

Les Visitandines, chassées à la Révolution du premier monastère qu’elles avaient édifié intra-muros, fondent, en 1817, un second monastère hors les murs. Elles s’établissent dans la maison du comte de la Blache que l’on voit au croisement du boulevard du Champs de Mars (qui s’appelle alors boulevard Sainte-Marie) et de la rue Saint-Laurent. L’église est construite en 1834 ; la galerie du cloître et l’aile nord datent de 1862. Pour que la fondation d’un second monastère dans la ville soit acceptée, les sœurs doivent exercer une activité « utile » (décret de Napoléon). Elles choisissent donc l’enseignement et créent un pensionnat de jeunes filles et une école gratuite pour les enfants.

La loi Combes les chasse de nouveau en 1904. La ville y installe une école supérieure de jeunes filles qui devient ensuite une annexe du collège. L’ensemble des bâtiments est réhabilité, accueillant l’actuel « Espace Saint-Laurent », inauguré en 1991. Il abrite une médiathèque, une salle d’exposition (ancienne chapelle) et une salle de conférence (ancien chœur des religieuses).

Découvrez, en contournant les bâtiments, le jardin, les arcades du cloître et la porte du XVIIe siècle.

En face de la chapelle, vous pouvez voir une tour du rempart aménagée en appartement avec une terrasse. Continuez jusqu’au rond-point, au bout de la rue Lamartinière, l’Hôtel de Garagnol.

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L'hôtel de Garagnol

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Au XVIIIe siècle, Saint-Marcellin compte un nombre très important de familles nobles, auxquelles s’ajoutent procureurs, notaires et officiers royaux travaillant pour le bailliage.

Ainsi sont construites de belles demeures que l’on peut encore admirer aujourd’hui, tel l’hôtel de Garagnol.

Résidence de la famille de Garagnol, qui a occupé la charge de vibailli au XVIIe siècle, l’hôtel est construit au XVIe siècle et remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il arbore toujours sa belle façade classique, ouverte sur le jardin, avec un ordonnancement de hautes fenêtres à petits carreaux, de délicats balcons en fer forgé, le tout couronné d’un vaste fronton.

En revenant place d’Armes, remarquez à l’angle de la boulangerie, vers le toit, le petit personnage de pierre, probablement objet d’une récupération.